lundi 15 septembre 2014

Montessori - un an après

L'heure de la rentrée a sonné sans que je trouve le temps de faire un petit bilan de la première année de Gautier dans une école Montessori. Qu'à cela ne tienne, je répare cette carence...

les lanternes de la fête de fin d'année

En préambule, je tiens à préciser que je ne ferai aucune comparaison avec le système éducatif classique.
D'abord, je trouve que cela n'a aucun intérêt et que l'un n'est pas exclusif de l'autre.
Ensuite, Stanislas n'a fréquenté l'école maternelle que de manière sporadique et n'est pas allé à l'école à l'hôpital, ce qui fait que je n'ai pas matière à comparer.

Ce que j'aime :
- Gautier est un spécialiste de la pensée déviante. Il a toujours l'idée complètement originale, la remarque décalée. Il se sert des choses pour des motifs complètement dévoyés mais très astucieux. Ce qui nous expose sans doute à quelques grands moments de solitude lorsqu'il rentrera dans un cursus éducatif classique. Mais qui également un atout, je pense, dans un monde en perpétuel mouvement.
- Gautier est autonome. Lorsqu'il a été maladroit, il va chercher de quoi ramasser/éponger/ranger ( je ne dis pas que le résultat n'est parfois pas pire que la maladresse initiale mais l'intention y est).
- Gautier est tolérant et bienveillant. Une grande attention est portée à la solidarité et à l'entraide. Les grands prennent en charge les petits. Les enfants viennent de plein de pays différents et on fête indifféremment diwali, le nouvel an chinois et Saint-Patrick. Pour lui, le monde est un endroit accueillant et intéressant.
- L'environnement est beau, les activités choisies sont réalisées avec goût. Maria Montessori était en effet convaincue que les enfants aimaient le beau et traitaient avec respect et délicatesse ce qui l'était.

Ce qui me laisse perplexe:
- Comme les enfants choisissent leurs activités, Gautier sait compter très loin ,en Français et en Anglais, il sait additionner et retrancher. Mais les lettres ne l'intéressent pas et il n'en connaît aucune. Il en dessine parfois, totalement difformes et méconnaissables. Du coup, je me demande par quel tour de magie les enfants s'insèrent en primaire classique.

Il y a aussi une idée reçue que je souhaite nuancer : les écoles Montessori ne sont pas réservés aux enfants d'expatriés et plus généralement aux "gosses de riche". 
Le coût de la scolarité est certes relativement élevé. Cependant une bonne partie des élèves viennent de familles de classe moyenne  qui font le choix d'inscrire leurs enfants dans cette école plutôt que d'acheter un seconde voiture ou de partir en vacances.
Le fait que les  parents soient totalement convaincus par la pédagogie Montessori est sans doute une des grandes forces de ces écoles.

Au bout d'un an, nous avons fait le choix de maintenir Gautier dans son école Montessori pour la maternelle.
Nous pensons désormais l'y laisser également pour son début ( la totalité?) du primaire.

Lu aujourd'hui : qu'est ce qui permet aux enfants de se réaliser ( sur feminin bio)!

4 commentaires:

  1. effectivement, le "problème" des méthodes alternatives, c'est le moment où elles se confrontent à la norme ... tellement puissante en France ... alors que si on les laissait évoluer plus librement et qu'on tolère la différence au moment de la rencontre avec le reste du monde, tout le monde aurait à y gagner !
    Colin (CM2) a cette année une maitresse atypique (pas de devoirs écrits, ouverture d'un compte Twitter pour la classe afin de communiquer avec d'autres classes...) j'en suis heureuse pour lui qui a souffert l'année dernière d'une maitresse bornée et rigide, mais je redoute un peu la future entrée en 6e où il faudra quand même rentrer dans un cadre ... cela dit, je sais aussi qu'il a la chance de tout absorber avec facilité, donc il fera son chemin, mais quid des élèves facilement déstabilisés ??
    Plus j'avance comme enseignante, comme mère et comme citoyenne, plus je suis pessimiste sur l'évolution d'un monde qui n'accorde pas plus d'importance à l'éducation/l'enseignement ...

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    1. J'enseigne aussi et au fur et à mesure que mes enfants montent de classe en classe, je mets en perspective ce que je fais avec mes élèves, et au delà de la remise en question habituelle et nécessaire, ça me pousse à questionner mes/nos approches encore plus, vaste et épineux problème.
      Et merci pour ton point de vue nuancé sur ton école Montessory.

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  2. Merci pour ce premier témoignage... je ne suis pas encore maman mais ayant souffert d'un système scolaire sclérosé et obnubilé par les notes et la performance, je ne me vois pas confier mes enfants à d'autres établissements que ceux qui proposent une pédagogie de ce type. Je suis curieuse de lire tes prochains articles sur ce thème (et les autres bien sûr!)

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