jeudi 24 avril 2014

The wearability project - au boulot ou quand l'habit fait le moine

Cet été, cela fera 15 ans que je travaille, 15 ans que j'évolue dans un monde très masculin, 15 ans que je suis souvent la seule femme et la plus jeune. Alors s'il y a bien une chose que je peux en tirer en matière de garde-robe professionnelle, c'est que l'habit fait le moine.


D'abord, l'habit marque la fonction et la position hiérarchique.
La manière dont on se tient et dont on est habillé est la première chose que les gens perçoivent. Ils en tirent une impression durable, quelle soit positive ou négative.
Par exemple, quand les gens prennent rendez-vous avec moi, je vois dans leurs yeux que mon sexe et âge ( et en général mon mode de management) les surprend. Alors quand c'est un entretien à enjeux, j'évite de les déstabiliser un peu plus avec ma manière de m'habiller. Je me fonds dans des couleurs neutres, je porte une veste, des bijoux discrets mais de valeur.
En général, je consulte mon agenda avant de préparer ma tenue du lendemain. J'essaie d'harmoniser le discours à passer/l'image à donner et la tenue du jour.


Ensuite, l'habit porte le poids du secteur d'activité et de la géographie.
La latitude vestimentaire est liée au secteur d'activité. Entre la presse féminine et le secteur du bâtiment, il y a un monde et ce qui est apprécié à un endroit ne l'est pas forcément partout. 
Là où je travaille, les hommes portent des costumes sombres et des chemises à manches longues ( toujours, quelque soit la saison). La cravate est la variable d'ajustement entre le branché et le traditionnel (de plus en plus, les chaussettes aussi, avec un vrai snobisme pour celles du Pape, en fil d'Ecosse).
Et puis, il y a le lieu géographique. Ce qui est l'uniforme à Grenoble ( parka technique...) ne l'est pas dans Paris intra-muros. A Paris, il va de soi qu'on suit la mode, même de loin, que porter la couleur tendance de l'année est apprécié, qu'il faut varier les tenues.
Il y a aussi les considérations pratiques comme le fait de se déplacer par monts et par vaux, de prendre son vélo pour aller jusqu'à la gare...


Alors comment garder le plaisir de s'habiller quand on est obligé de porter un "uniforme"?
(j'en connais qui portent des dessous affriolants sous leurs tailleur pantalon ou des dessous fluorescents dans l'esprit zumba)
Je suis fidèle au duo robe + veste pour les jours à enjeux/ gilet un peu structuré pour les jours plus tranquilles : l'ensemble est confortable, féminin ( j'y tiens dans ce monde de brutes) et relativement boulot-compatible.
Pour les "grands soirs", je sors mon uniforme : pantalon noir/veste noire/chemise.
Je mise depuis quelques mois sur des broderies discrètes qui apportent un zeste d'originalité.
Et je n'avoue jamais (sauf aux copines) que je couds ma garde-robe!

Les trucs en plus : j'ai, dans mon placard de bureau, une paire de collants de rechange et une paire d'escarpins noirs à talons pour le cas où! (Une plaque de chocolat noir à 76% aussi).
Et quand je sens qu'il faut que je sois dans le ton (et quand bien même cela piétine mes principes) j'investis dans un foulard/un gilet en coton/ une broche de la couleur "in". Ou bien pour une pièce résolument mode ( cet hiver, j'ai porté et reporté un "jegging" enduit, super mode - et qui a l'immense avantage de ne pas se repasser :-))

Et pour mes plans couture ? ma collection printemps en est la démonstration, j'ai cousu plus corporate avec les 2 tenues "50 shades of grey" clairement destinées aux semaines de boulot.  Pour cet été, il y aura deux jolies robes assez habillées, une jupe taille haute et un bustier brodé.
Et pour l'automne, il faudra que je couse chemises, pantalons droits et vestes.

A lire sur ce sujet : 
Du relooking au good looking - le pouvoir de l'image de soi - Maryaline Thériaux
Donnez une bonne image de vous - Aude Roy (la pionnière du conseil en image )

11 commentaires:

  1. Bonjour Lathelize,

    C'est drôle comme des situations similaires peuvent générer des comportements différents. Je me retrouve dans ton expérience d'être la seule femme et / ou la plus jeune dans des secteurs à code vestimentaire précis (à 36 ans, cela fait 14 ans que je travaille et j'ai fréquenté le bâtiment, la presse spécialisée dans les TP, le médico-social et la culture) et cela m'a plutôt donné la liberté de m'habiller comme je le voulais. Quitte à être perçue comme l'élément non-conforme, j'en ai profité pour détourner les codes (un ensemble chemise - pantalon noirs avec une veste rose à paillettes mais d'une marque tolérée...).

    C'est la première fois que je commente, j'en profite pour te féliciter de la qualité de ton blog et te remercier de tes partages.

    Virginie

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    1. Merci Virginie!
      Ca m'intéresserait de voir ta garde-robe de boulot. Une veste rose à paillettes, ça alors, j'imagine la tête de mon chef si j'arrivais comme ça ;-)

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  2. Un peu pareil que Virginie, j'évolue dans un mode d'hommes (industrie automobile, j'ai plutôt une grande sensation de liberté puisque "de toute façon" je suis hors code. Et à contrario j'ai une paire de chaussures plates dans mon vestiaire pour pouvoir aller quand même conduire sur les pistes si mon dress-code-shoes du jour ne s'y prête pas !

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    1. J'ai aussi une paire de chaussures de sécurité dans mon placard!

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  3. A quelques mois de la retraite, pour moi les tenues "boulot" peuvent être décontractées mais jamais négligées; une jolie paire paire de chaussures, un accessoire, et un haut féminin peuvent transformer un jean en tenue appropriée.Savoir adapter selon les lieux et les circonstances est indispensable.

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  4. Je fais comme toi : je réfléchis à ce que je fais le lendemain, pour adapter ma tenue aux enjeux de la journée. Je travaille dans une grosse collectivité locale et me retrouve fréquemment dans des lieux et avec des personnes qui vont me juger d'abord sur la façon dont j'apparais puis sur ce que je vais dire, porter comme message, ou la façon dont je vais animer la séance. Et comme toi, je cherche à utiliser le vélo le plus possible, mais à ne pas arriver dégoulinante au boulot. La recherche d'une tenue vélo- et bureau-compatible est donc ce qui m'occupe beaucoup dans mes cousettes ! J'y ai consacré quelques posts d'ailleurs sur mon blog. NB : et j'habite Grenoble et ne porte pas l'uniforme que tu décris, qu'on retrouve surtout le WE ou à la fac ou dans certains milieux professionnels !! NB aussi : je visite toujours ton blog avec beaucoup de plaisir !

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    1. Je vais de ce pas étudier ton plan de couture.
      Je plaisantais pour Grenoble (pendant mes 4 ans à Lyon, c'était l'uniforme requis!).
      Merci pour le gentil mot.

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  5. Très intéressant ton article et les commentaires! Tu ne seras pas surprise si je te dis que c'est un sujet qui me stress! :-) ! Je suis partagée entre l'envie de me fondre dans la masse et le besoin de montrer une petite pointe de créativité (mettre un peu de couleur, des motifs,..) Dans le secteur de bâtiment et du conseil, je trouvais que la céativité était plus facile à porter que dans le secteur commercial qui est très classique et plus ou moins classe (veste mais avec jeans pour beaucoup)

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    1. Je me souviens de la discussion que nous avions à ce sujet. Tu as repris le travail?

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  6. Merci pour ces réflexions super intéressantes ! J'aime beaucoup ton idée d'introduire quelques petites touches de broderie pour personnaliser ou égayer un peu des tenues classiques. Dans mon milieu professionnel (archéologie), hormis les périodes de terrain où les équipements de sécurité obligatoires laissent une très petite marge de manoeuvre en terme de féminité/personnalisation, il n'y a aucun "dress code" au boulot. Ou plutôt, si, il faut que ce soit très décontracté, le costume n'existe pas (sauf pour le personnel administratif du siège de notre institut, mais on en est très loin). Mon problème est donc inverse : je trouve ça parfois difficile de porter des vêtements féminins et un tant soit peu élégants, par peur d'en faire trop. Alors j'y vais par petites touches : j'ai commencé à porter des jupes il y a quelques années, et je suis contente de voir certaines de mes collègues commencer à suivre le mouvement. Là je vais me concentrer sur les robes et dans quelques années peut-être les escarpins : tu vois qu'on est très loin du milieu corporate :D

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  7. C'est effectivement très intéressant et très vrai :) Je travaille aussi avec différents types d'acteurs, en réunion, c'est surtout avec des personnes dans le technique, ingénieurs et chercheurs, même si ces réunions sont dans les ministères, c'est plutôt décontracté, pas de vestes (gilets) je peux porter pantalon ou jupes et hauts que je veux. Même à paris le domaine n'est pas dans un milieu "tendance". Mais quand je suis intervenante en colloque. J'ai une position de représentation et là je dois faire attention, tailleurs plus sobres avec pour moi une touche d'originalité surtout dans les hauts et les bijoux. Au quotidien au bureau, c'est tenue simple. J'ai même des collègues qui portent le jeans. J'aimerai me coudre plus mais bon... on ne peut pas être partout :) (je prend mon retard sur ton blog) :)

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