lundi 26 septembre 2016

Nos jours heureux - et si on lâchait prise?

A la suite du billet sur la conciliation vie familiale et vie professionnelle, j’ai continué la discussion et approfondi la réflexion avec quelques-unes d’entre vous, et en particulier avec mon amie Claire.


Au fond, ce que je constate chez les copines comme chez moi, c’est que consciemment ou inconsciemment, nous prenons la « charge » des enfants et de la maison.
Par exemple, je me surprends, les rares fois où Amaury se risque à faire les courses, à critiquer ce qui est trop emballé, trop cuisiné, …, bref ce qui n’est pas fait comme je l’aurais fait. Je ne vous raconte même pas s’il lui prenait l’envie de se mettre aux fourneaux ! ;-) Ce qui ne m’empêche pas de râler régulièrement parce que c’est toujours moi qui cuisine. Quelles contradictions !
Je  vois aussi telle ou telle prendre leurs enfants sous le bras et aller les rhabiller parce que le papa n’a pas assorti les chaussettes au tee-shirt ou rugir parce que l’heure du coucher est passée en pleine bagarre d’oreillers d’où les enfants et le papa ressortent surexcités.

Alors je m’interroge : pourquoi réagissons-nous comme ça ?
Est-ce l’effet de notre éducation ou du modèle social environnant, que nous aurions trop bien intégré ?
Est-ce que nous nous mettons trop de pression et culpabilisons à l’idée de ne pas être la femme/la mère parfaite ?
Est-ce que c’est une question de pouvoir et de territoire, la maison et les enfants comme territoire attitré, et que nous défendrions comme tels ?
Est-ce que c’est une volonté de garder le contrôle et de n’ être redevable de personne ?

Et si nous essayions de lâcher-prise ?
Et si la conciliation de toutes nos vies, si notre cheminement vers l’apaisement et le bonheur  passait par l’acceptation des mains tendues, de l’aide ?  Par l’acceptation de la différence au fond car ce qui est fait différemment est fait quand même.
Si nous essayons d’être bienveillante à l’égard de ceux qui veulent nous aider (conjoint, parents, beaux-parents) ?


Je prends l’engagement de dire merci, souvent et avec le cœur, à Amaury, qui s’occupe au quotidien, des enfants, et de dire merci à sa maman, quand elle vient le mercredi les garder (plutôt que de soupirer parce que c’est un vrai capharnaüm et que les enfants n’ont pas pris le bain quand je rentre).
Et je m’engage, la prochaine fois qu’on me propose de l’aide, à respirer et à dire « oui, merci ! ».


J’ai hâte de lire vos commentaires et vos explications de ce phénomène inquiétant de transformation en dragon ! J’ai hâte de lire aussi vos bonnes résolutions, si vous en prenez ! Je vous embrasse !

42 commentaires:

  1. Chez moi, c'est monsieur qui fait les courses et cuisine...et quand il m'arrive de le faire, c'est lui qui rale et soupire parceque ce n'est pas fait comme il le fait lui même...;o)
    Concernant le ménage, rangement etc...c'est ma partie...et je râle quand il fait autrement...cependant, depuis plusieurs mois, je "réfrène" mes râleries, car comme tu dis, c'est fait différemment, mais c'est fait (sauf quand c'est à refaire !!). Et il me semble, que lui aussi, lâche un peu, surtout sur le côté cuisine...où j'essaye de m'imposer un peu plus, car j'aime bien aussi cuisiner.
    pas simple le partage des tâches...Merci pour tes réflexions, qui m'apportent toujours beaucoup !!

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    1. Je crois que c' est un travers très humain. Gros bisous

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  2. Bonjour Isabelle.
    Ici comme chez toi, je me surprends à dire que c'est mal fait quand c'est fait par mon homme mais pas comme je l'aurai fait... Mais déjà, on en a conscience, alors ça pourra changer!
    Récemment, j'ai réfléchi avant de parler : il venait de coller du vénilia blanc sur une étagère avec des bulles et des plis à un endroit. J'allai lui en faire la remarque (désagréable) quand je me suis retenue, et j'ai dit "je" (cf Gordon, Faber et Mazlich...) : "j'ai l'impression que tu as eu du mal avec le vénilia..." et la discussion s'est faite sereinement derrière : il m'a expliqué qu'il avait effectivement galéré, et je lui ai dit "merci", car il a le mérite de l'avoir fait et que cela aurait pu rester longtemps sans l'être, et que cette bulle, on la voit à peine (tout relativiser!).
    Je repense à cela avant (si possible) de faire une réflexion (sur le ménage, le repas, les enfants...).
    C'est avec des petits pas qu'on y arrivera. Merci de tes réflexions, toujours très ouvertes et qui me font réfléchir sur nos petits pas de chaque jour.

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  3. Ah mais c'est incroyable, tu dois être dans ma tête, je me suis fait cette réflexion il y a à peine 2 jours !
    Et effectivement, je me suis aussi promis d'arrêter de râler tout le temps, de lâcher prise et de me dire, finalement, est ce que c'est grave si le petit renard se couche un peu plus tard parce que son papa prend du temps avec lui ? Et pareil pour les repas où le Doudoucha fait à manger (mais pas exactement comme je voudrais), j'apprends à dire simplement merci et à reconnaitre le travail qui est fait ! Il y a encore du travail, mais j'y chemine petit à petit... Merci pour ce bel article qui fait réfléchir encore une fois, et ça me rassure que tu sois aussi un dragon de temps en temps ;)

    Grosses bises ♥

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    1. Merci! Prendre conscience, c'est déjà un grand pas! Gros bisous

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  4. J'ai déjà fait ce travail de dire "oui, j'ai besoin d'aide" et de dire merci à qui me file un coup de main en cas de besoin. Dans le fond, ce qui me dérange le plus est d'avoir à le demander.

    Dans les 4 premières lignes de ton billet, tu réponds toi-même à ta question : tu prends la charge des enfants parce que sinon, personne ne le fait ou pire... Personne ne le fait correctement.

    Je ne parle pas de trainer en jouant un peu à se bagarrer ou en faisant durer le câlin du soir, je ne parle pas des petits plus spécial maman (la mousse au choc' quand on est trois ) , marque de fabrique papa (la livraison de pizza) . La transgression des rituels quotidiens fait le bonheur familial.

    Mais.

    Mais, ne pas savoir habiller correctement un môme, à quelle heure les mômes doivent se coucher, se lever, ou faire à manger selon les principes de la maison... ne donnent pas envie de lâcher prise.

    Non. Il faut apprendre à chacun ce qu'il y a à faire et que cela soit fait exactement comme il faut, sans bâcler. Là, il est possible de se dire merci parce que cela a objectivement aidé à vivre mieux ensemble.

    Je ne crois pas qu'il faille se congratuler lorsque 70% du lave-vaisselle est rangé (et pas 100%), que la table est mise à 40%, que les enfants sont habillés à 80%, que les devoirs-signatures-préparation ont été oublié. C'est l'affaire de tous.

    Toutefois, il faut considérer que notre moitié n'est pas télépathe non plus et que c'est sympa de le briefer une bonne fois pour toute sur la composition de la garde-robe d'enfant, de définir où se range les choses, de faire l'effort d'écrire le menu de la semaine qui va avec le contenu du frigo qu'on vient de remplir .... Autant de trucs qui permettent d'être interchangeable domestiquement sans risquer la discorde.

    Ceci est aussi valable avec les ptits mômes : plier, ranger son linge et savoir associer des vêtements adéquats avec la saison...

    Je transmets et je coordonnes. Je re-explique quand un truc est mal fait. Et je ne râle plus.

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    1. Tu m'épates! Tu responsabilises!tu agis! Merci!!!Gros bisous

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  5. C’est super intéressant comme question. Souvent je me demande pourquoi je ne suis pas plus cool avec ce qui est proposé par l’homme dans la maison, comme je peux être cool avec d’autres propositions à l’extérieur. Pour moi, la piste de réflexion, se trouve, là, le « chez-moi ». Pour me sentir bien chez moi, j’ai, en quelque sorte, besoin d’avoir quelques éléments sous contrôle, qui sont comme j’aime bien, comme je voudrai, que j’ai décidés. Au final ces rigidités mentales sont liées à une sorte de peur de ne pas me sentir bien chez moi si ces points là ne sont pas « comme je veux ». On a heureusement, du temps pour travailler sur ces rigidités mentales et puis comme tu le dis, la discussion et l’échange sur ces points la sont fondamentales pour avancer vers moins de dragonnade !

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    1. J'aime beaucoup ta réflexion. Merci! Gros bisous

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    2. Merci pour le sujet, il suscite de nombreuses réaction par la justesse du ton et l'enjeu qu'il recouvre...

      Je réagis au commentaire du bungalow en particulier car je me retrouve dans l'analyse formulée. C'est le "chez-moi" qui cristallise les tensions au sein de mon couple.
      Je m'interroge beaucoup en ce moment sur comment partager au mieux espace, matériel, temporalités avec mon conjoint.
      La communication sur le sujet n'est pas évidente, la question n'étant pas aussi importante pour lui ^^
      J'ai aussi mis le doigt sur mon besoin de contrôle et mon manque de lâcher prise. Y a du boulot, mais c'est déjà un grand pas de prendre conscience de tout ça!

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  6. Je suis tout à fait coupable d'être un dragon de la cuisine et des courses! Mais j'essaye de me soigner, je sais par exemple que quand monsieur fait à manger, il va le faire en 10 fois plus de temps, mais que tous les légumes seront coupés en mignon petit cubes bien de la même taille. Du coup, il fait moins souvent à manger que moi, mais prend le relais sur les plats où je n'aurais pas du tout la patience : en ce moment c'est le nettoyage & découpage des cèpes. Bref, plutôt qu'un partage équitable, on cherche à se compléter en faisant ce pour quoi on est le meilleur.
    On avait aussi tenté le "une fois par mois, on échange les tâches habituelles" (mais on ne le fait plus trop, c'est dommage). Ça permet de se laisser surprendre!

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    1. C'est génial comme expérience : l'échange de tâches ! Merci pour la suggestion. Gros bisous

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  7. Vaste sujet...
    Dans les trois dernières années j'ai appris à lâcher prise. D'abord avec moi-même en fait parce que mes exigences envers moi étaient trop contraignantes. Etre parfaite ou ne pas être quoi. Beaucoup de prétention pour beaucoup de pression et une famille pas plus heureuse, loin de là.
    Donc oui, il y a des règles et des choses fixes. Et puis maintenant il y a le "c'est mieux fait imparfaitement que pas du tout" (genre quand les enfants étendent le linge, je ne le ferais pas comme ca, mais après tout qu'importe, le linge est sec et ce n'est pas moi qui l'ai étendu!) (pareil pour les courses, je me reconnais dans le "sur-emballage" etc).
    Et contrairement à la contribution préc´dente je remercie quand même quand c'est imparfait ou pas fini, en mettant l'accent sur "ca m'a aidé" pas sur "il en manque". Bien sûr j'explique que 100% c'est mieux mais toute action faite spontanément sans que je le demande est valorisée.
    Quand je demande c'est différent, le message est "j'ai besoin d'aide" donc là oui, la table doit mise en entier ou le lave-vaiselle complétement vidé.

    ET puis après le "oui merci" il y a encore un cap, savoir demander quand on a vraiment besoin. Je peux démonter la pompe d'arrosage toute seule et je vais galérer pour dévisser et risquer de me faire mal au dos pour la sortir du trou. Mais je l'aurais fait toute seule. OU je peux choisir de demander à mon compagnon de m'aider, il fera ca en 3 fois moins de temps. Et finalement ca ne me "rabaisse" pas de lui avoir demandé, je n'ai pas besoin de prouver à qui que ce soit que je suis une wonder woman capable de tout assumer, personne ne me le demande... à part moi parfois...

    Et pour répondre à ta question, bien sûr nous avons toutes une injonction sociale d'être une épouse parfaite, une mère irréprochable et une profesionnelle acoomplie. S'en rendre compte est le premier pas vers la libération de cette contrainte. Et faire passer à mes deux filles le message que c'est pas ca qui est important c'est ca mon vrai impératif de mère...

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    1. J'aime beaucoup l'authenticité de ton commentaire. Merci beaucoup. Gros bisous et fais gaffe à ton dos 😚😚

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  8. je ne sais pas si la pression sociale concerne "être une mère/épouse/femme parfaite" ... j'imagine que des hommes aussi se mettent cette pression ... ce serait plutôt une question de caractère, et aussi d'héritage de la culture judéochrétienne !! Il faut être parfait ou au minimum tendre à l'être sinon, pas de pardon ... ! En gros, si on ne souffre pas dans la vie, ça ne va pas !
    Mais bon, je m'égare ...
    Une chose est sûre, tant qu'on garde la faculté d'autocritique, et le dialogue avec nos proches, tout n'est pas perdu !

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    1. Et qu'on a des copines pour discuter même virtuellement. Des bises toutes spéciales

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  9. Bel article sur le lacher prise. Prendre conscience qu'être parfaite ce n'est pas possible et que si on ne fait pas tout bien, ce n'est pas grave, arriver à déléguer et à faire confiance. Quand je finissais tard de travailler, ma fille se proposait souvent de faire à manger le soir pour que je me repose en rentrant et je disais non, avec cette manie de tout vouloir gérer. Et bien maintenant, je la laisse faire, elle est heureuse de me faire plaisir et moi ça me permet de faire une petite relaxation de 10 mn, même si y'a la vaisselle à faire parès :).

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    1. Merci de ton commentaire, merci de nous montrer que c'est possible! C'est génial d'avoir une fille comme ça et que tu aies réussi à accepter son aide! Gros bisous

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  10. Je ris intérieurement car je me prends en "délit de dragonnage "pour la 2eme fois en 5 jours...
    je viens de rentrer du travail et mon mari a acheté des citrons (qui manquaient et que j'avais noté sur la liste des courses ;-)) mais sûrement des pas bio et sûrement du magasin où il continue d'aller malgré nos discussions au sujet de la consommation = grincements de dents mais silencieux
    Sinon, la semaine dernière, nous faisions des achats scolaires et il flashe sur un livre de cuisine avec peu d'ingrédients pour débutants et je râle... qu'on a plein de livres, que celui là est trop simple, etc. = j'ai honte parce que mon mari est en retraite depuis 3 semaines et qu'aujourd'hui, cela me semble une tentative d'intégration familiale que j'ai bêtement sabotée!
    Heureusement, dans la vie, on peut toujours s'améliorer!

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    1. Madebyviou Et si tu demandais à ton mari comment il voit sa place dans la famille dans ce nouveau contexte? Tu verrais ce qu'il imagine...Gros bisous à toi!

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  11. effectivement au boulot comme à la Maison je ne sais pas déléguer
    le pb c'es que pour nous aussi on met la barre haut et ce que l 'on considererai comme un échec pour nous on a des difficultés à l'accepter comme un effort méritoire de la part de l'autre

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  12. J'ai bien ri en lisant pour les tenues assorties jusqu'aux chaussette ! Je ne suis vraiment pas miss mode, mais parfois je trouve cela si laid... mais comme je partais le matin avant qu'elles ne soient habillées, si je ne préparais pas les tenues la veille, alors je n'avais rien à dire... et puis un jour Iris a été en bas de pyjama à l'école l'hiver dernier, j'ai failli râler, par réflexe, parce que j'ai eu peur qu'elle ait pris froid (et que j'avais un peu honte aussi!), et en fait j'en ai ri avec elle, beaucoup (je crois que sinon elle en aurait pleuré, la pauvre), et depuis, je crois que pour les tenues, je relativise complètement (surtout que maintenant elles veulent choisir et pour le coup, ce n'est pas vraiment mieux !). Et les jours où on a une fête de famille, Rémi m'annonce: « de toutes façons, c'est toi qui choisit les tenues, sinon ça n'ira pas » (sous-entendu, si ce n'est pas toi qui fait une réflexion, ce sera qqu'un d'autre de la famille, une mamie, une tata ou son frangin !), le pauvre, alors que je sais qu'il s'en contre-fiche, et qu'il essaye de faire des efforts...

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    1. Sur les tenues, ma belle-soeur est comme ça ! Et moi, je ferme les yeux et si c'est trop laid en termes de couleurs, je bascule mon appareil photo en mode N&B :-)Gros bisous

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    2. Bien vu le N&B, la prochainement je plisserai les yeux et j'y penserai, merci... (là je profite lâchement de la grosse tâche de chocolat, du barbouillage de feutre ou de la montée de la température pour dire... on va peut-être changer ce t.shirt / passer un short, non ?"

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  13. Moi je pense qu'il y a aussi une part de culpabilité, même si cela paraît contradictoire... le fait que tu sois au travail et que ce ne soit pas toi qui gère le mercredi alors que tu aurais peut-être aimé le faire, pourrait-il jouer ? Car, alors, dans ton idéal, tu imaginerais le faire, et le faire d'une certaine manière, idéalisée, forcément.

    C'est ce que je pense, car pour m'être retrouvée (un peu, beaucoup, parfois totalement) handicapée depuis que j'ai les enfants, j'ai dû accepter de l'aide, accepter que l'on fasse à ma place (comme c'est dur de ne pas pouvoir donner le bain à son bébé avant qu'il ait un mois...). En observant sans agir (ou en rentrant quand c'est fait), on observe le positif, mais on est aussi en position de critiquer (exemple quand on arrive et que le conjoint fait des travaux, mais que ce n'est pas fait quand on voudrait (le ménage est fait), selon nos propres priorités (finir d'abord l'autre chantier en cours), comme on voudrait (on voyait l'étagère plus basse)...
    Et quand en plus de mes incapacités, Rémi a eu deux longues plages de chômage (alors que je passe mes soirées à bosser), forcément, il a pris des choses en charge, que j'aurais souhaité faire (ah, les pulls feutrés, les vêtements blancs devenus roses ou gris... ou sa découverte du potager avec une gestion qui incluait parfois l'arrachage de mes plants :) !...).
    Mes critiques était très liées à ma culpabilité de ne pas faire « ma part »... c'est étrange mais tout en étant reconnaissante, la frustration de ne pas pouvoir faire comme je l'aurais souhaité me rendait certainement plus critique. Au fur et à mesure que je peux refaire plus de choses, je trouve cela plus simple, car je peux faire à mon aise ce qui ne me convenait pas, alors qu'avant mes attentes étaient bien trop grandes.
    Je ne parle même pas de « réclamer » de l'aide (surtout quand c'est pour tout et tout le temps), alors que l'on espère que quelqu'un va surgir, par magie, lire dans notre cerveau et proposer l'aide dont on rêve, très précisément.

    Je suis persuadée qu'il y a également une part de la trop grande exigence que nous avons envers nous-même, comme nous visons d'approcher la perfection dans tout, nous pensons que forcément, nos conjoints doivent le faire également, alors que ce n'est vraiment pas le cas pour tout (lui est très satisfait d'avoir passé l'aspirateur alors que je focalise sur ce qu'il reste sous les meubles, sur les plinthes...).
    Je crois justement que beaucoup d'hommes sont plus cool, plus facilement auto-satisfaits, moins stressés (je travaille dans une équipe composée de 5 hommes et 5 femmes et c'est très net sur nous 10). C'est le cas déjà très jeune, puisque de nombreuses élèves sont prêtes à recommencer une page à cause d'une erreur alors que de plus nombreux garçons râlent de devoir recopier ce que je considère comme un brouillon très très brouillon (bien entendu, ce n'est pas systématique, juste une tendance !).

    Et puis bien entendu, c'est toujours valorisant de s'imaginer (ou d'être totalement persuadées) que l'on fait mieux, puisque l'on est irremplaçables (quel réconfort, personne ne pourrait nous remplacer auprès de nos enfants, ou sous notre toit !). Et puis tu as raison, c'est très rassurant de gérer, de contrôler, de maîtriser de faire les bagages pour être sûre que rien n'ait été oublié... alors que chaque fois que Rémi a fait le sac des filles et y a oublié quelque chose, cela n'a jamais eu de conséquence dramatique (et puis j'aurais pu en oublier autant, bien sûr)...
    Désolée pour ce commentaire bien trop long...

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    1. Olala, je vous rejoins à 100%. Nous sommes bien trop exigeantes envers nous-mêmes et envers nos proches. Les hommes ont aussi cette faculté à ne pas voir les manches qui trempent dans la soupe, à ne pas entendre les enfants se chamailler, à ne pas voir les habits sales jetés en vrac dans les chambres des enfants. Et bon sang, moi aussi j'aimerais avoir cette faculté. La vie serait sans doute plus légère.
      Emiliemilie

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    2. @fugitivamel ton commentaire est parfait, certainement pas trop long! Merci beaucoup.

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  14. Une nouvelle fois je me retrouve dans tes écrits .Il m'arrive très souvent de raler parce que je dois faire les choses du quotidien , courses devoirs des enfants , ménage ect et dès que mon mari veux m'aider ou entreprend de faire les choses lui meme pour me soulager ; je trouve le moyen de critiquer ce qu'il a fait . Il est d'une grande sagesse de ta part de voir le coté positif des choses et d etre soi meme conciliant dans ce qui nous dérange .

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  15. J'adore te lire !

    Moi aussi j'ai du mal à comprendre pourquoi je n'arrive pas à lâcher prise...qu'est ce qui m'oblige à râler alors qu'au fond je suis reconnaissante de l'aide fournie? Pk je veux absolument tout gérer ?
    Au final je m'auto-sabote et comme j'ai un conjoint assez susceptible, on passe du temps à se fâcher pour des broutilles.

    En essayant de faire le point récemment, je me suis rendue compte que ma solution qui était jusqu'alors "si j'ai le niveau d'exigence plus élevé alors je le fais et je ne l'impose pas aux autres" ne fonctionne pas car à un moment donné je finis par saturer et devenir désagréable de gérer trop fe choses.

    La clé c'est définitivement le lâcher prise mais je me demande parfois si je n'aurais pas besoin d'aide extérieure pour y arriver...

    J'envie ces femmes et mères cool, qui prennent la vie comme elle vient sans être dans le contrôle permanent :)
    Mais je ne désespère pas, après tout en s'en rendant compte, on a déjà fait le premier pas !

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    1. Je pense qu'il faut trouver des petits pas à faire, et essayer parfois de lacher prise. Gros bisous

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    2. tu dis " j'envie ces femmes et mères cool...sans contrôle permanent".
      C'est une impression. Vraiment, c'est le bordel chez tout le monde, ça dépend du jour où tu ranges !
      Etre cool est une attitude. Elles ne le sont pas tous les jours ni toute les heures tout comme tu ne passes pas ton temps à râler après les tâches domestiques.
      Mon mari m'a inspirée une bonne méthode pour ne pas passer mon temps à me farcir toutes les tâches ménagères : ne pas être là. Mais vu que je ne suis pas non plus maso au point de devoir me farcir les tâches ménagères non faites à mon retour, je liste ce qui doit être fait sur le tableau de la cuisine. Les trois ont un truc à faire pour mon retour. A force, je n'écris plus tout. Il y a des choses bien intégrées.
      Pendant les vacances, lassée de passer trois heures à faire des menus pour la semaine seule (personne n'avait envie de rien, tu penses ! ), j'ai donné à mon 7 ans, ma 10 ans un repas à faire tout seul y compris les courses. Et ils ont découvert que c'était pas fastoche fastoche de penser menu même s'ils se sont éclatés à faire des pizza maison pour l'un et une salade composée pour l'autre.
      Pour lancer ce grand plan de lâcher-prise, il faut aussi faire éprouver cette charge à notre entourage et commencer par rendre tout le monde un peu autonome "à la hauteur de ses moyens"...

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  16. Merci pour cet article, et tous les commentaires qu'il a suscité, qui m'ont énormément aidés à avancer ma réflexion sur ce sujet. Sur les faits, je suis comme toutes celles que j'ai lu, je veux que ce soit fait à ma façon, je critique si ce n'est pas "comme je veux", je râle ou me fâche si personne ne m'aide SPONTANÉMENT . Et, bien sûr, je me mets la pression, la maison doit être un minimum propre et rangée, la pile de linge sale pas trop haute, les menus faits et équilibrés, avec un maximum de produits frais de qualités.... Etc... Et dans mon cas, ce besoin de contrôle et de (relative!) perfection me sert à me rassurer, à me donner l'impression que je suis une "bonne mère". Et ce même si je sais parfaitement qu'être une bonne mère, ce n'est pas ça du tout, c'est plus fort que moi... C'est mon mari qui dépose les enfants chaque matin à l'école, car je pars plus tôt au travail, mais l'an passé, lorsqu'il y a eu une réflexion sur le manque de vêtements chauds pour mes enfants, c'était moi qui était visée... Si ma voisine passe à l'improviste et que la maison est en chantier, ce sera moi "la bordélique". Jamais le mari. Et je me surprends à penser des trucs comme cela. Bref, beaucoup de mal à me défaire de ce regard lié à la société, l'éducation, et qui agit sur un certain manque de confiance en moi, sur le doute d'être une bonne mère.

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    1. Je suis 100% d'accord avec toi.
      Mais pourquoi rendons nous les femmes responsables ? Je vais être vigilante à ne pas moi-même supposer que les taches sont réparties comme ci ou comme ça?

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  17. Quels témoignages intéressants ! Je vous admire toutes pour arriver à prendre du recul sur votre comportement (en général moi c'est 10 ans après). Pour ma part j'ai la chance d'avoir un conjoint qui a toujours considéré que la maison, les enfants, c'étaient des responsabilités égales et donc un temps de travail égal. Ca c'est le principe, mais l'application n'est pas du tout aisée : par période l'un peut avoir besoin de plus de temps au boulot par exemple. Surtout ce qu'on n'a pas résolu, c'est au niveau du partage : on s'est spécialisés suivant nos compétences et évidemment quand l'un fait ce que fait l'autre d'habitude, il trouve que finalement il peut le faire plus vite alors que l'autre trouve que c'est bâclé. En tout cas on essaie toujours de raisonner par projet que l'on mène à bien de A à Z : si je dois faire à manger je fais les courses avant, si j'ai envie de changer l'abat-jour et que pour ce projet que j'ai mis en priorité j'ai besoin d'aide je le demande et je dis merci.
    Merci en tout cas pour cet article qui nous a fait réfléchir et chercher des solutions.
    Soffie

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  18. Comme il est compliqué de lâcher prise, de demander de l'aide, d'accepter de l'aide, de dire "merci" plutôt que "de rien", de laisser les autres faire à sa place, pourtant il faut bien le dire tout faire épuise et ne laisse plus de place pour les petits bonheurs, voire les erreurs appréciables et louables des autres. C'est un vrai long travail sur soi-même...c'est pas gagné.

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  19. L'article et tous les témoignages sont vraiment intéressants et me font réfléchir... De mon côté j'ai aussi du mal qd ce n'est pas fait comme je le voudrais, et en même temps j'aimerais que la maison "tourne" sans moi... Un article intéressant sur la "charge mentale" des femmes lu dernièrement : "Quand les femmes pensent à tout" http://www.la-croix.com/Famille/Parents-et-enfants/Quand-les-femmes-pensent-a-tout-2016-09-20-1200790409

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    1. Merci pour l'article cité, je m'y reconnais bien... Mon mari participe beaucoup et spontanément et j'ai depuis un peu plus d'un an arrêté de me battre contre la question "qu'est ce que je peux faire pour t'aider?" J'ai longtemps répondu sur le mode "regarde autour de toi et prends des initiatives" mais dépité il me demandait de moins en moins. Alors maintenant je lui dis ce qu'il y a à faire...
      Mais je ne trouve pas ça satisfaisant effectivement parce que du coup je garde la charge psychologique de tout ce qui ne lui est pas clairement attribué ( courses, poubelle et maintenance chez nous )
      Et Lathelize tu as touché juste avec ton article... Il y a sûrement des solutions pour améliorer la situation !

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  20. Récemment je me suis beaucoup interrogée sur le lâcher prise. Pas vraiment par rapport à la répartition des tâches avec mon mari (pour le coup, je suis vraiment vernie), ni par rapport à sa façon de faire les choses (je ne suis pas très regardante sur l'habillement des enfants. D'ailleurs les enfants se débrouillent tous seuls depuis tout petit. Et pour la cuisine, Monsieur est plus fort que moi).
    Par contre, c'est à propos des enfants que je n'étais pas bien. Ces derniers mois, je n'en pouvais plus de m'entendre râler sur eux en permanence. Et j'avais l'impression de ne plus réussir à apprécier les temps passés avec eux, à être concentré sur ce qui n'allait pas, plutôt que ce qui allait bien.
    J'avais l'impression de jouer le rôle du mauvais flic quand mon mari avait celui du gentil...
    Après beaucoup de lecture (éducation bienveillante, pédagogie positive...) et une pause estivale avec mon rôle de mère pendant que les enfants étaient chez les grands parents, je revis ! Ça n'est pas la pub chicoré tous les matins à la maison, mais je râle beaucoup moins et surtout j'arrive à profiter des moments avec mes enfants. En me changeant moi, en changeant mon regard sur mes enfants (en soulignant le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide et en exprimant clairement mes difficultés, mes problèmes, mes attentes), j'ai vraiment l'impression de changer aussi l'ambiance à la maison.
    Et je me sens plus légère. Libérée du poids épuisant de la mère toute puissante. Pourvu que ça dure... (mon livre de chevêt actuel : j'arrête de râler !)

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  21. Intéressant ton article. Je suis un dragon(net) à la maison, la seule à gérer l'intendance, c'est à dire courses cuisine. Nous sommes 5 et ça prend du temps. Ménage, je partage, chacun s'occupe de son linge et de sa chambre par ex. Mais pour le reste, ça me coute énormément, je travaille et j'adorerai coudre en rentrant plutôt que passer du temps en cuisine, même réchauffer le plat préparé à l'avance me pèse. Mais quand l'homme propose du tout prêt, ça ne me convient pas.Je crois que je mets beaucoup de pression, je ME mets de la pression pour proposer des repas sains et sans déchet à ma petite famille et j'ai du mal à accepter que tous ne fassent pas les mêmes efforts. Ils sont convaincus du bien fondé de la démarche mais si ça arrive tout prêt quoi.
    Le premier pas est de s'en rendre compte non ? Le lâcher prise, une fois pas semaine, peut être y arriverai-je ? ça se soigne ?

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