dimanche 16 décembre 2012

Bouquinons # 27

J'en avais beaucoup entendu parler. J'étais un peu agacée par les photos de jeune premier placardées sur les abribus. Et j'ai été bouleversée par la volonté de se battre, par l'énergie, par la sérénité. Et j'ai été convaincue par la posture qui remet le malade en situation d'acteur, lui qui est souvent réduit à l'impuissance totale par la surmédicalisation, par des médecins débordés et/ ou omnipotents. Je vais aller lire Guérir et Anticancer.
Ce livre m'avait été offert par Lulubellule et oublié, un temps, sur ma table de nuit. Il m'a tenu compagnie tout le long d'un interminable déplacement en Arles (AR fait dans la journée). J'avais déja lu Martin Winckler et j'avais beaucoup aimé son humanité. le Choeur des femmes m'a fait pleuré, un peu, et sourire, beaucoup. J'ai apprécié les messages de tolérance, d'écoute et de prise en compte de la douleur, les aphorismes sur les soignants. J'ai trouvé très fine la description de l'interne arrogante qui ne comprend pas pourquoi elle devrait écouter et un peu invraisemblable sa métamorphose si rapide. Comme femme, j'espère que des lieux comme l'unité 77 existent vraiment et pour longtemps. La fin m'a moins plu. J'ai trouvé abracadabrante cette histoire de famille...Mais bon, c'est un chouette livre, un de ceux qu'on oublie pas.
J'aime beaucoup Russel Banks ( American Darling notamment) et j'ai été conquise, sans surprise, par son dernier opus. Le Kid, délinquant sexuel en liberté conditionnelle, habite sous un viaduc et essaie de survivre quand un drôle de personnage, le Professeur, professeur à l'université et spécialiste des sans-abris, se met en tête de l'interviewer et d elui offrir une chance de s'en sortir. Mais le professeur est un formidable dissimulateur/menteur. J'aime beaucoup aimé la finesse de la description  d'une société à la fois très puritaine et très pervertie ; j'ai aimé la description pudique et tolérante de la description de sans-abri. J'ai aimé la Floride des marais et des marigots. Bref je recommande chaudement Lointain souvenir de la Peau!

Une autre bonne trouvaille : Ivresse de brocart, l'histoire d'un couple de japonais, au début du siècle que les règles ancestrales, vont séparer. La fin est excellente et surprenante, très bien ficelée (et pourtant, je suis une lectrice assez exigeante). On se plonge dans le Japon du No, des kimonos de brocart et dans les règles de vie intransigeantes et ascétiques des samouraïs. 

4 commentaires:

  1. j'ai lu aussi le choeur des femmes, et ça m'a réellement transformé ! et c'est drôle car je n'ai rien retenu de l'histoire elle-même (je crois que je n'ai même pas réalisé à quel point, comme tu le dis, c'est romanesque et improbable !) mais j'ai vraiment été touchée par cette vision de l'humain derrière le patient ...

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  2. Tout à fait d'accord avec ton ressenti sur le Winckler : la découverte du milieu gynéco et les choses défendues par ce médecin ont changé mon point de vue sur beaucoup de chose et pas mal touché, mais la fin de l'histoire n'a rien à faire là...!

    La critique de la "Passerelle" a disparu ou bien c'est une erreur ? Perso j'ai eu beaucoup de mal à finir ce livre...

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  3. Alice,
    Presque comme toi,je n'ai pas réussi à finir la passerelle ! mais j' ai oublié d'enlever la couverture.

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  4. Oh merci de cette sélection, Winckler, un des auteurs favoris de mon homme, j'ai lu les 3 médecins cet automne, très très beau également. Le coeur des femmes pour moi sera le suivant.
    je note russel bancks ce que tu décris fait partie des ambiances de livre que j'apprécie beaucoup.
    J'ai prévu un peu de lecture pour ces vacances (Olive Kitteridge d'Elizabeth strout que tu as déjà sûrement lu) et "moi Charlotte Simons" de Tom wolfe je te dirai ça dans quelques temps :)) + un polar mais je crois que tu n'es pas amatrice ? passe aussi de très bonnes fêtes, je t'embrasse

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