mardi 22 septembre 2015

Les mains dans l'argile : toi, nous et la leucémie #39

A la maison, cela faisait quelques mois déjà, que l’ambiance était lourde.
Tu étais laminé par les traitements. Les semaines passaient et les séances de chimiothérapie revenaient sans que tu te remettes, sans que tu trouves un peu de répit. Les hospitalisations d’urgence se multipliaient. Au moindre soupçon d’infection ( à 38,0° précisément), tu étais mis sous antibiotiques à dose massive et à spectre large en attendant le résultat des analyses sanguines et des hémocultures.
Le fossé qui me séparait de ton père devenait une faille. Quoi de plus incommunicable, de plus personnelle que la terreur de voir la maladie prendre son enfant chéri ?
Ton père se raccrochait à sa foi. Il disait «  le Seigneur nous a envoyé cette épreuve car il sait que nous avons la force de la surmonter ». Cela me rendait folle ! Quel Dieu pourrait vouloir voir un enfant souffrir, voir un enfant mourir ?
Moi, je rentrais au plus profond de moi-même, je refusais de penser au lendemain, d’imaginer un avenir plus riant.
Nous nous répartissions les tâches et les enfants.
Nous nous croisions sur le seuil de ta chambre d’hôpital :
Le médecin est passé ?
Oui
Il a dit quoi ?Tu m’appelles quand tu es arrivé chez Popa et Moma pour me dire si Gautier va bien ?
Oui
Papa essayait de dormir avec Gautier.
Et j’essayais de m’assoupir avec toi. On s’allongeait, main dans la main, un haricot entre nous.
Un instant, ton médecin référent nous a rapprochés lorsqu'il s’en est pris à Papa, au détour d’un point :
Ce n’est pas que vous ne pouvez pas travailler, c’est que vous ne voulez pas 

Comment chercher du travail quand son enfant est hospitalisé plus de 50% du temps ? Et que ses hospitalisations sont des hospitalisations d’urgence ? Comment faire garder ses enfants quand l'aîné n’a plus de système immunitaire et doit fréquenter un milieu protégé ?

Comment peut-on juger sans savoir, juger sans comprendre?

3 commentaires:

  1. A croire qu' il y a une UV particulière en fac de médecine pour apprendre à contrarier les familles des patients !
    Et le couple dans tout cela, il n'existe juste pas. Pas tant que c'est dur.

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  2. Aille, oui juger sans savoir! Peut être que cela vous a aidé que l'un d'entre vous soit sans travail temporairement. Ma famille vis aussi des défis de santé en ce moment (qui ne touche pas les enfants dieu soit loué). J'ai particulièrement aimé le post sur la couture et comment ce loisir t'a aidé.

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  3. Aille, oui juger sans savoir! Peut être que cela vous a aidé que l'un d'entre vous soit sans travail temporairement. Ma famille vit aussi des défis de santé en ce moment (qui ne touchent pas les enfants dieu soit loué). J'ai particulièrement aimé le post sur la couture et comment ce loisir t'a aidé.

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