mardi 16 septembre 2014

Les mains dans l'argile : toi, nous et la leucémie # 13

Le vide s’est très vite fait autour de nous. Nos amis et nos frères n’appellent pas, ne viennent pas. 
Peut-être ont-ils peur d’avoir une mauvaise nouvelle, peut-être ne savent-ils pas quoi dire. Peut-être que nous incarnons leur pire cauchemar et qu’il ne leur est pas possible de s’y confronter. 
Les cadeaux, en revanche, arrivent avec régularité par la Poste. C’est démesuré et gênant, sans doute la traduction du malaise de ceux qui ne parviennent pas à venir nous voir.

Comment continuer à parler d’éducation, comment continuer à mettre des règles quand tous les cadres volent en éclat ?
Nous nous arcboutons sur la politesse, même quand infirmières, médecins, aides-soignants entrent et sortent de ta chambre parfois sans le moindre mot, parlent de toi comme si tu n’étais pas là.
En revanche, tu ne t’habilles plus et nous ne t’y forçons pas : débardeur, couches, casquette, et baskets deviennent ton uniforme. Nous avons abandonner toute idée d'équilibre alimentaire et sommes prêts à tout pour que tu consentes à grignoter quelque chose.

Tes grands-parents sont présents. Jour après jour. Semaine après semaine. Mois après mois. Et finalement année après année.
Popa et Moma viennent chaque jour à l’hôpital. Popa invente toutes sortes de bêtises et il n’est pas rare que la cadre de santé surgisse hors de son bureau pour exiger un peu plus de calme. Destruction de tours de kapla géantes, lancer de ouistitis, course de tricycle dans le couloir, match de foot dans la salle de jeu, tout est possible avec lui. Il tire la perche à perfusion, a les poches pleines de trésor, discute avec Denise, la cantinière.
Moma vient avec de la peinture et des carnets, fréquente assidument la bibliothèque de l’hôpital ( la seule autorisée, les livres sont désinfectées individuellement), elle te tient la main quand vient l’heure du changement de pansement et fait les bains de bouche avec dextérité. Leur maison est désinfectée. Elle deviendra notre refuge pour les prochaines années, le seul endroit où tu aies le droit de sortir sans peur de rencontrer quelqu’un porteur de microbes et donc dangereux pour toi.
Popa construit un chalet en bois, au fond du jardin. Cela devient ton repère, tout au long de cet été-là et plus tard, après qu’un crapaud, Roméo, y ait élu son domicile.


Myma vient aussi souvent que possible. Elle téléphone tous les jours. Elle arrive les bras chargés de livres, le sourire aux lèvres. Elle te fait rire et te gratte le dos pour t’aider à t’endormir.


lundi 15 septembre 2014

Montessori - un an après

L'heure de la rentrée a sonné sans que je trouve le temps de faire un petit bilan de la première année de Gautier dans une école Montessori. Qu'à cela ne tienne, je répare cette carence...

les lanternes de la fête de fin d'année

En préambule, je tiens à préciser que je ne ferai aucune comparaison avec le système éducatif classique.
D'abord, je trouve que cela n'a aucun intérêt et que l'un n'est pas exclusif de l'autre.
Ensuite, Stanislas n'a fréquenté l'école maternelle que de manière sporadique et n'est pas allé à l'école à l'hôpital, ce qui fait que je n'ai pas matière à comparer.

Ce que j'aime :
- Gautier est un spécialiste de la pensée déviante. Il a toujours l'idée complètement originale, la remarque décalée. Il se sert des choses pour des motifs complètement dévoyés mais très astucieux. Ce qui nous expose sans doute à quelques grands moments de solitude lorsqu'il rentrera dans un cursus éducatif classique. Mais qui également un atout, je pense, dans un monde en perpétuel mouvement.
- Gautier est autonome. Lorsqu'il a été maladroit, il va chercher de quoi ramasser/éponger/ranger ( je ne dis pas que le résultat n'est parfois pas pire que la maladresse initiale mais l'intention y est).
- Gautier est tolérant et bienveillant. Une grande attention est portée à la solidarité et à l'entraide. Les grands prennent en charge les petits. Les enfants viennent de plein de pays différents et on fête indifféremment diwali, le nouvel an chinois et Saint-Patrick. Pour lui, le monde est un endroit accueillant et intéressant.
- L'environnement est beau, les activités choisies sont réalisées avec goût. Maria Montessori était en effet convaincue que les enfants aimaient le beau et traitaient avec respect et délicatesse ce qui l'était.

Ce qui me laisse perplexe:
- Comme les enfants choisissent leurs activités, Gautier sait compter très loin ,en Français et en Anglais, il sait additionner et retrancher. Mais les lettres ne l'intéressent pas et il n'en connaît aucune. Il en dessine parfois, totalement difformes et méconnaissables. Du coup, je me demande par quel tour de magie les enfants s'insèrent en primaire classique.

Il y a aussi une idée reçue que je souhaite nuancer : les écoles Montessori ne sont pas réservés aux enfants d'expatriés et plus généralement aux "gosses de riche". 
Le coût de la scolarité est certes relativement élevé. Cependant une bonne partie des élèves viennent de familles de classe moyenne  qui font le choix d'inscrire leurs enfants dans cette école plutôt que d'acheter un seconde voiture ou de partir en vacances.
Le fait que les  parents soient totalement convaincus par la pédagogie Montessori est sans doute une des grandes forces de ces écoles.

Au bout d'un an, nous avons fait le choix de maintenir Gautier dans son école Montessori pour la maternelle.
Nous pensons désormais l'y laisser également pour son début ( la totalité?) du primaire.

Lu aujourd'hui : qu'est ce qui permet aux enfants de se réaliser ( sur feminin bio)!

samedi 13 septembre 2014

Beautiful France, un an avec un étudiant étranger / one year with a foreign student #1 - quelle drôle d'idée

Amaury et moi sommes des voyageurs passionnés, sédentaires temporaires attendant que les enfants aient poussé un peu ( et que Stanislas soit guéri). Alors cette année, plutôt que d'aller en Asie, nous avons décidé de faire venir l'Asie à nous.


Comment? En accueillant, pendant un an, un jeune étranger venu faire une année de lycée en France.
La sollicitation est arrivée via l'école Montessori de Gautier. Nous nous sommes tout de suite enthousiasmés pour ce projet. 
Après quelques rencontres avec l'organisme de placement ( Nacel, avec lequel mes parents ont accueilli pendant des années des jeunes étrangers et avec lequel je suis partie), nous avons décidé de faire un test sur un mois. 
Mes supplications pour accueillir une jeune fille ont été balayées d'un revers de main par mes 3 hommes : c'est un gars qu'il voulait.
Nous avons sorti atlas et planisphère et avons rêvé des heures devant. 
Stanislas voulait accueillir un japonais, Gautier quelqu'un d'Amérique du Sud et Amaury et moi un Indien.
Et c'est un Japonais de 16 ans qui est arrivé début juin à la maison pour un mois.


Rin parlait un Français exquis et est vite devenu la pop star de notre petite ville. 
Chacune de ses apparitions créant une véritable hystérie chez les amis de nos garçons : "Rin, c'est vrai que tu es Chinois?"(ben, non, Japonais), "Rin, tu peux écrire mon prénom en Japonais?", "Rin, tu peux manger avec des baguettes?"
Bref, cela a été une merveilleuse expérience. Enfin, une fois que je me suis habituée à l'inertie de l'adolescence. Vous savez cet état curieux qui aboutit à avoir un mollusque incrusté dans le canapé émettant un faible signal de vie uniquement pour effleurer  la tablette. ;-)
Les garçons ont adoré jouer avec lui.
Et cela a été très chouette de partir à l'aventure en Ile de France pour lui montrer coins et recoins.

Bref, après cet épisode, nous nous sommes sentis prêts pour accueillir un jeune pendant un an.
Roulements de tambour.
Et c'est Kuan Yin, un jeune Taïwanais de 16 ans, qui est arrivé le 2 septembre chez nous.




jeudi 11 septembre 2014

Encore un peu d'été - un bilan couture

Mes plans couture étaient ambitieux et raisonnés .Ils ont été partiellement balayés par d'autres envies et par l'adorable cadeau de ma copine caro ( des coupons de wax!).


Au chapitre des réussites incontestables et incontestées, il y a ces 2 ensembles gris :
- la jupe est portée et reportée et j'aime tellement le bustier que je n'ose pas le mettre (;-) : ça vous arrive aussi?)
- la robe a été portée et reportée


Le marine a été également un grand succès également :
- la robe Mickaëlle est portée régulièrement avec un pull ou une veste
- La tunique marine et émeraude a tout de la pièce indémodable.

Marine encore avec ce bustier porté et reporté.


Inattendues! je suis sortie de ma zone de confort avec ces 3 pièces très colorées. Et en réalité, elles m'ont accompagnées tout l'été.
Mon sweat anémone sort souvent le we sur un jean sombre et ma jupe en wax est mon alliée les jours de réunions à enjeux au boulot : j'adore la silhouette qu'elle me fait et son imprimé est très...marquant


Et on finit l'été avec une jupe rayon de soleil, une jupe d'un jaune néon, que je compte bien porter tout l'année.
Bref, à part ma jupe rouge qui a rapidement fini à la poubelle, le reste de ma collection été est un sans-faute, grâce au wearability project!

lundi 8 septembre 2014

Noir et blanc - un spencer brodé

Devant le succès de la veste spencéo, j'ai décidé de réitérer! J'ai opté cette fois-ci pour la jolie veste courte du livre japonais Exclusivement féminin. Et puis, vous connaissez à me connaître, je l'ai brodé!


J'ai une grande affection pour certains livres japonais, ceux qui proposent des modèles un peu ajustés et un peu sophistiqués. Les modèles en taille 7 (sans marge de couture) me vont souvent bien. Les modèles sont souvent ingénieux, souvent charmants.



en version "dress up", avec une jolie robe Cacharel et des escarpins. Je me suis souvenue en l'enfilant que cette combinaison était ma tenue "entretien de recrutement" et que j'avais décroché mon premier job habillée ainsi. J'ai aussi constaté que ma robe était moins ajustée qu'elle n'était, notamment au niveau de la poitrine...




J'aime beaucoup son volant qui s'envole un peu et sa coupe courte. Je n'aimais pas beaucoup le coté ballon des manches ( qui accentuent ma carrure). J'ai donc enlevé les fronces.
Pour le reste, je n'ai rien touché. J'ai doublé le volant avec un jersey ajouré blanc.


Pour faire bonne mesure, j'ai dessiné des fleurs sur mon reste de molleton ( je ne sais pas comment elles s'appellent mais elles ornent la plate-bande de mon entrée). Je les ai découpées et les ai appliquées avec du fil blanc. J'en ai ajouté quelques-unes, juste brodées. Et ce, juste sur une manche ( on ne se refait pas!)



en version " dress down", avec un short et un débardeur, et des nus-pieds


Et en termes de wearability project?
Mon spencer brodé est :
- seyant : 4. Oui, je trouve! J'aime sa coupe courte qui allonge la jambe.
- polyvalent : 4. Oui, broder ses vêtements les rend toujours plus habillés de mon point de vue. Cela dit, la veste est en molleton, ce qui est une limite intrinsèque.
- compatible avec le reste de ma garde-robe: 5. Totalement, une veste noire, vous imaginez!
- confortable: 4. C'est un  véritable doudou mais comme le spencer ne se ferme pas, il y a un petit courant d'air qui me passe sur le ventre.
Avec 17/20, on est pas loin du sans -faute!




Mais comment font-elles? Les secrets d'organisation de Ma Constellation

Connaissez-vous Aurélie, auteur du joli blog Ma constellation ? C'est une amie virtuelle, amie d'amie réelle, bref c'est une créatrice dont j'aime les réalisations! Et vous savez quoi, elle vient de lancer sa petite entreprise et réalise sur commande vêtements et accessoires!


Quand crées-tu ?
Tout le temps ! Bon d’accord c’est un peu exagéré mais depuis le mois de mars j’ai décidé de changer de profession et de me lancer dans la création de vêtements et accessoires…. alors je ne suis pas très loin de la vérité !
Je couds donc dès que j’ai 5 minutes ou dès que les enfants sont à l’école ou couchés.


Quelles sont les conditions d’une séance créative réussie ?
L’idéal serait d’avoir déterminé avec précision son projet et savoir où on veut aller. C’est très satisfaisant de voir le vêtement prendre forme après l’avoir imaginé.
Mais parfois laisser vagabonder mon imagination ne me fait pas avancer concrètement mais cela me permet de mûrir mes idées.


Tu nous montrerais ton espace couture  ?
J’ai le bonheur d’avoir une pièce dédiée à la couture. Pour le moment, elle est constituée de bric et de broc mais je m’y sens bien même s’il faut que j’améliore le rangement. Petit à petit elle va prendre forme et je vais la personnaliser. Pour le moment, j’ai seulement accroché une peinture faite par ma fille ainée que j’aime beaucoup.
Mon atelier est baigné de lumière et cela donne de l’énergie.


Quelles sont tes inspirations ? Comment les idées te viennent-elles ?
L’inspiration est partout….. Je lis des magazines, surfe beaucoup sur le web, passe ma vie sur pinterest…Et je dois dire que je ne manque pas d’idées !                                                                                                                                                                                                 
Elles viennent tout le temps, sans moment précis, parfois cela me donne même des insomnies. Le plus dur est de les « canaliser » car malheureusement je n’ai pas le temps pour toute les réaliser. 



Quelle est ton offre ? 
Je souhaite proposer 3 types de produits :
- les produits déjà faits . Pour l'instant l'idée est de proposer seulement des accessoires. C'est surtout pour répondre à la demande des personnes qui souhaitent recevoir rapidement leur commande et qui n'ont pas d'idées précises.
- Les modèles à personnaliser. C'est la cliente qui choisit ses tissus. C'est cette partie que je souhaite développer. Je suis en train de créer des patrons de vêtements (pour le lancement du site, il y aura pour les adultes : un haut, une jupe, une veste, t-shirt et idem pour les enfants) et des accessoires (sac, pochettes...). En fait on retrouvera les mêmes modèles que ceux de la partie des produits tout faits mais on pourrait personnaliser le produit.
- Les modèles sur mesures, je fais le vêtement aux mesures de la personne. Dernièrement j'ai réalisé une robe, une pochette, le bibi et la cravate dans le même tissu.

As-tu un petit secret à nous confier pour être plus créative ?
Il ne faut pas se mettre de limite, il faut essayer, recommencer, repartir dans une autre direction quand cela ne va pas.
Et parfois, il faut aussi laisser tout de côté, partir s’aérer pour mieux repartir après.
Vous pouvez la retrouver sur son blog ma constellation