lundi 11 avril 2016

Ma poubelle & moi #13 : comment adopter le zéro déchet sans se fâcher avec la terre entière

Notre conviction est que notre démarche vers le zéro déchet doit être durable. Et que pour être durable, l’ambition doit être à la fois mesurée et intégrée par chacun.  Elle doit, aussi, évoluer avec nous et être réévaluée régulièrement.


Nous avons expliqué le projet aux enfants, une fois, deux fois, dix fois, à nos parents aussi et à un certain nombre de nos proches. 
Nous avons documenté nos arguments en creusant la question du végétarisme, celle de la simplicité volontaire, de la transition énergétique…

Chacun l’a intégré avec sa sensibilité. Gautier a été révolté qu’on coupe des « arbres innocents qui ne peuvent même pas s’enfuir » ; il n’utilise plus d’essuie-tout depuis. Amaury est en train de devenir végétarien, même s’il souhaite absolument conserver le plaisir de manger une très bonne viande, dans les grandes occasions.
 J’ai offert 95% de mes produits de beauté et fait un grand tri dans ma garde-robe.

Nous ne vivons pas en autarcie. Les enfants vont à l’école (et en ramènent des bonbons et des stylos en plastique). Nous avons une nounou et une femme de ménage. Les enfants vont chez les copains ou chez les grands-parents (et ramènent des trucs et des bidules plastiques). Et c’est bien !
Pourtant, c'est  cette interaction, la vie dans une société où la consommation est érigée en mode de vie, qui rend la démarche compliquée.

Pour éviter devenir hystériques en rentrant le soir et en constatant que la poubelle est pleine, nous avons choisi les « non-négociables » et fermons les yeux, pour l’instant, pour le reste. (Après j’avoue, quelques séquences très éloignées de la sérénité que nous essayons de poursuivre ;-))
Par exemple, notre femme de ménage n’utilise plus que du vinaigre et du bicarbonate, ce qui est top. Mais elle tient à l’essuie-tout. Nous achetons donc de l’essuie-tout ecocert, non blanchi au chlore.
Je ne me suis pas obstinée pour les changements refusés (pour l’instant) : les garçons ont gardé leur gel douche bio qui mousse (mais pour le corps et les cheveux, et nous avons supprimé le shampooing), j’ai gardé ma brosse à dents électrique.
Nous cultivons la bienveillance y compris sur ces sujets là, surtout que le chemin menant vers le zéro déchet est semé d'embûches. Je vous prépare un billet sur les essais, sur les échecs et les ajustements et sur le temps que tout cela prend;

Bref, nous avançons très doucement mais durablement. Et notre objectif "zéro déchet" est plus raisonnablement devenu un projet  du "tiers de déchet"
:-)
De manière générale, je vous invite à lire l’excellent article d’Antigone XXI «  Faut-il être parfait pour être engagé(e)s ? », qui m'a beaucoup fait réfléchir.

12 commentaires:

  1. Très belle démarche, effectivement le regard des autres et la vie différente que chacun mène ne doit pas aider votre projet de vie.

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  2. Je me reconnais beaucoup dans ce que vous dite. Nous essayons, chez nous aussi, de réduire nos déchets, mais en sommes au début du chemin. L'aspect très abouti et parfait du "zéro" déchet est très intimidant. Nous garderons probablement quelques incohérences, mais nous avançons et votre blog est très inspirant.

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    1. Bravo!
      Finalement, je pense qu'il vaut mieux penser un peu plus modeste mais durable que parfait :-) Sans parler du fait que le zéro déchet nécessite quand même un peu de temps ( surtout quand on est 4 et qu'on travaille ailleurs que chez soi)

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  3. Je me demandais justement l'autre jour comment réagissaient les enfants qui ont à la maison un mode de vie "alternatif". Est-ce qu'un enfant qui a des parents végétariens ne mange jamais de viande de sa vie? Est-ce qu'il en mange à la cantine? Est-ce qu'il découvre le saucisson à 25 ans et ne peut plus s'en passer?
    Je trouve ta réponse très équilibré. Et comme souvent, l'équilibre me semble être la bonne réponse!

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  4. bea johnson aussi a fait plusieurs tests et marche arrière je crois que c 'est la condition du succés .
    chapeau j'essaie timidement de diminuer la taille de notre poubelle mais le grand tri du printemps prévu risque de la rendre obése

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    1. Bon tri de printemps!
      Je crois que j'avais sous-estimé le temps des essais-erreurs

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  5. j'imagine aussi (bonne mauvaise excuse ???) que dans une société qui n'a pas encore bcp avancé sur le sujet, le zéro déchet est quasiment hors d'atteinte sauf à y consacrer toute son énergie, tout son temps ... et en est-on plus heureux ??? La bonne conscience qu'on recherche sans se l'avouer là-dedans, il faut bien le reconnaitre, n'existe pas ... il faut vivre avec le compromis, sur ce sujet comme sur bien d'autres !
    C'est vrai que lorsqu'on prend conscience du problème, c'est un vrai gouffre qui fait peur (je pense à mon n°3 qui se relève en pleurs le soir en disant "mais s'il n'y a pas eu de neige cet hiver, c'est que le réchauffement climatique est déjà si destructeur ??? et on ne peut plus rien faire pour revenir en arrière ?") et on aimerait tellement trouver LA solution ...

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    1. Connais tu le mouvement pour rapprocher les enfants de la nature? Planter un potager, jouer dans forêt, faire des cabanes etc...pour apprendre à aimer ce qu'ils devront défendre.

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    2. Connais tu le mouvement pour rapprocher les enfants de la nature? Planter un potager, jouer dans forêt, faire des cabanes etc...pour apprendre à aimer ce qu'ils devront défendre.

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  6. Je reste persuadée qu'une démarche forcée n'aboutit pas et qu'effecetivement chacun doit trouver son propre équilibre, ses propres concessions et effectivement transiger. Et si on est honnête avec soi même, je crois qu'on trouvera toujours chez soi quelque chose qu'on pourrait faire de manière plus "zero-déchet" mais qu'on ne fait pas, par flemme, confort ou juste parce qu'on ne s'en occupe pas. Et du coup moi ca me permet chaque fois de me rapeller que chacun a son rythme et que mes convictions là dessus n'engagent que moi...

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  7. Oui, nos convictions n'engagent que nous.Par contre, si je remplis mes poubelle à ras bord et que je déverse de la javel dans mes toilettes, je n'engage pas que moi mais les autres, incluant les êtres vivants (poissons etc.). Loin d'être une recherche de bonne conscience je vois plutôt une prise de responsabilité. Chacun son rythme certes mais perso j'en ai marre des excuses à la noix. Si on ne se bouge pas maintenant on le fera quand?

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  8. Il me semble que c'est tout de même plus facile aujourd'hui de faire ce genre de démarche qu'il y a 10 ou 15 ans, où, avec des démarches bien moins poussées qu'actuellement (trier les déchets recyclables et quelques trucs à peine plus "avant-gardistes" nous faisait vite passer pour des "écolos"(comprendre illuminés/soixante-huitards/anti-nucléaires/doux-rêveurs/emmerdeurs/radins) presque extrémistes... Donc moi je dis que cela vaut le coup de tenir, de montrer l'exemple, d'accompagner plutôt que braquer, mais également parfois de surprendre, d'étonner...
    Merci pour ces messages toujours très intéressants.

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