lundi 4 janvier 2016

Ma poubelle & moi # 7 : la délicate question de nos garde-robes

Notre projet de simplicité heureuse passe évidemment par l’examen de nos garde-robes. C’est un point central du livre Zéro déchet de Bea Johnson (chapitre que j’ai d’ailleurs trouvé moyennement convaincant) et c’est une question que plusieurs d’entre vous m’avez posée.

Par caractère et par éducation, je ne suis pas très portée sur les sorties shopping. Ma stature en dehors des standards du prêt à porter féminin,  ainsi que mon goût pour les coupes intemporelles et les matières naturelles, ont fini de m’éloigner des boutiques. C’est ainsi que j’ai appris à coudre et que 80% de ma garde-robe est fait-main. Je m’efforce de coudre utile et durable.

Mon envie de simplicité est toutefois limitée par des contraintes professionnelles : je travaille dans un environnement très formel, je suis très souvent amenée à représenter mon employeur et je dirige une grosse équipe.
Cet enjeu d’image (je vous passe les explications sur le leadership, la légitimité, le corps privé et le corps public, sauf si cela vous intéresse) suppose que mes vêtements soient impeccables en termes de coupe,  de finitions et de matériaux et qu’ils présentent  un minimum de variété.

ma pile de chemises, à plus de 90% cousues main.

En fait, notre projet de réduction des déchets nous a amené à porter un autre regard sur ce que l’on possède déjà. C’est une  incitation à mieux utiliser et plus souvent.
Cet hiver, j'ai enfin porté un joli manteau, que mes parents m'avaient offert, et que je n'osais pas mettre, de peur de l'abîmer.

tee-shirts et caracos, cousus à plus de 90% main

A la lumière de cette réflexion, j’ai donné à mon entourage, sur freecycle ou au secours catholique, tout ce que je ne portais pas spontanément au moins 2 fois par mois.
Des sacs à main inutilisés aux chaussures qui serrent un peu les pieds, de la veste rouge jamais portée aux pashmina colorés, des bottes aux talons vertigineux aux vêtements dont la couleur ne me va vraiment pas au teint,  j’ai fait du vide.

Tout ce qui était usé, défraîchi ou troué est parti dans les bennes Le relais, qui les recyclent.

Un prochain jour, c'est promis, je vous montre ma garde-robe. Mais il faudra pour cela que les travaux aient bien avancé!

8 commentaires:

  1. Je suis d'avis que tout ce que l'on a dans une garde robe doit être porté, même si c'est fragile, cher ou que sais-je.
    Si j'ai aussi douté sur ce même chapitre du livre de Béa Johnson (au sujet des sous-vêtements notamment), c'est probablement là où je suis le plus raccord : je ne donne quasi plus rien, j'use jusqu'à la corde et ce que je ne peux plus mettre pour cause de trou fini dans la benne à recycler.
    En revanche, au sujet des déchets, mon drame est plutôt de l'ordre du packaging médical : les déchets occasionnés par les consommables de pompe à insuline est impressionnant et rien n'est recyclable sauf les bouchons de cathéter.

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  2. Merci pour ce chouette article et d'une manière générale pour tous les articles de cette catégorie.
    Pour ma part, j'oscille constamment entre l'envie de simplicité, de garde-robe réduite au minimum et l'envie de variété, de changement, du petit plaisir de reporter un foulard oublié depuis longtemps au fond de la caisse...
    Je m'interroge aussi beaucoup sur les tenues occasionnelles (robes de soirée, de cérémonie etc). Les donner car portées rarement ? Les garder ? Les recycler ?
    Le délai "porté spontanément au moins deux fois par mois" me plaît bien pour les vêtements du quotidien. Je vais essayer de revoir ma garde-robe à la lumière de cette astuce.
    Bonne et belle année à toi.

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    1. Lil,
      je me pose également la question des tenues exceptionnelles. Je me demande si en combinant des vetements quotidiens avec de jolis accessoires, on ne pourrait pas en faire une tenue de fête?
      Je réfléchis, par exemple, à coudre une jupe toute simple mais en lin doré à porter au boulot ou à un mariage.
      Tu me tiendras au courant de tes réflexions

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    2. Pour les fêtes, contrainte par une valise dans laquelle il fallait faire rentrer les habits de toute la famille, j'ai opté pour la jolie jupe que je peux porter aussi au quotidien avec de jolies accessoires. Ca a pas mal marché, j'étais contente et à l'aise danse cette tenue en plus.
      Par contre, pour quelque chose de plus "cérémonieux", un mariage par exemple, j'aime avoir une tenue "exceptionnelle", au sens où je la porte rarement. Je garde donc mes robes et le fais tourner entre plusieurs occasions, mais j'hésite à donner celles déjà beaucoup portées... J'aime l'idée d'Althéa de les faire tourner entre copines. Je vais y réfléchir pour le mariage de ce printemps.

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  3. bravo pour cette initiative , chez nous le don fonctionne très bien dans la famille et chez les amis proches, quand on ne mets plus ou que ce n'est plus a la bonne taille : je les donne autour de moi ou je recycle aussi des sacs avec des vestes , des coussins avec des chemises et des pulls , des doudous avec des vêtements autres ...

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    1. Tu m'as d'ailleurs offert un de mes gilets préférés ;-) ( le prune, ajouré)

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  4. Merci d'aborder ce sujet sensible !
    Je suis également entrée dans une phase de réflexion sur ce point ... ayant du mal à me séparer de mes affaires, j'essaie donc de les porter jusqu'à usure afin de n'avoir plus de complexes à jeter ... et sinon, concernant les vêtements des enfants qui grandissent ou ce dont je réussis à décider de me défaire, je dépose chaque saison ce qui ne sera plus porté à Emmaüs ... petit à petit les dressings se vident au profit de pièces cousues main et choisies avec soin ... Je couds assez peu mais je prends le temps de soigner les finitions afin d'obtenir des vêtements de qualité et à la longévité importante.

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  5. J'ai fait un gros tri il y a un an, pour ne garder dans ma penderie "accessible" que les choses que j'aime vraiment. ça a été une vraie libération que de n'avoir que des bons choix le matin ! A ce moment là, j'ai beaucoup donné à la famille (notamment des choses que l'on avait acheté pour moi quand je suis revenue de Guyane pour mes études) et à Emmaus.
    Je récupère régulièrement quelques vêtements de mes cousines (qui manifestement en ont beaucoup trop pour seulement les patiner).
    Maintenant, j'essaye de combler les manques en cousant, selon mon niveau et mon temps. L'avantage, c'est que mon processus de réflexion / flemme est suffisamment long pour que je me rende compte si ce n'est pas vraiment si important/ une bonne idée / autre avant de couper.
    Et maintenant (merci Béa) je refuse les vêtements / bijoux / accesoires que l'on veut m'offrir parce que ce sont des cadeaux faciles pour une fille ...
    Je fais souvent circuler mes tenues de soirées ou de fêtes dans la famille, entre lassitude de les avoir portées trop souvent et envie qu'elles fassent d'autres heureuses.

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